COMMUNIQUÉ - MONTRÉAL, le 30 mai 2013 /CNW Telbec/ - Un grand nombre d'organisations
ayant à cœur le développement durable ainsi que la protection de la
zone agricole et de sa vocation nourricière dénoncent aujourd'hui le
gaspillage des terres comme tendance alarmante du développement urbain
des dernières décennies. La politique de souveraineté alimentaire
annoncée récemment par le gouvernement devra y mettre fin, demandent
les groupes.
Le dossier du projet de gare dans la municipalité de Mirabel est une
démonstration éloquente de cette tendance. Rappelons, en effet, que
Mirabel et l'Agence métropolitaine de transport (AMT) ont tenté, à deux
reprises, ces dernières années, d'obtenir l'approbation d'implanter une
gare de train de banlieue sur des terres agricoles de très grande
qualité dans la municipalité de Mirabel. À deux reprises, la Commission
de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a rejeté cette
demande. Or, les promoteurs se réfugient aujourd'hui derrière
l'article 105[1] de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles
(LPTAA) leur permettant d'aller de l'avant avec le projet en vertu d'un
droit acquis.
« Installer une gare en pleine zone agricole, en utilisant, à mauvais
escient, une disposition légale traitant d'aqueducs et d'égouts ne fait
aucun sens et fait montre d'un manque flagrant de vision. Pourtant, en
utilisant un terrain disponible en zone blanche au milieu de la zone
habitée, l'occasion serait belle pour Mirabel de miser sur la
réalisation d'un TOD (Transit Oriented Development), comme l'encourage le Plan métropolitain d'aménagement et de
développement (PMAD) de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM)
», a déclaré le président général de l'Union des producteurs agricoles,
M. Marcel Groleau, rappelant que les TOD sont des quartiers déployés
autour des stations de transport en commun métropolitain (stations de
métro, gares d'autobus et de train, etc.). M. Groleau a aussi précisé
que ce cas s'inscrit dans un contexte où la pression de l'urbanisation
sur la zone agricole dans les régions métropolitaines du Québec est
forte et menace son intégrité, elle qui ne compte que pour 2 % du
territoire québécois (comparativement à 58 % en France et 45 % aux
États-Unis).
« Alors que le PMAD a dégagé un fort consensus quant à la protection du
patrimoine agricole, il est inadmissible de songer encore à construire
au milieu de terres cultivables lorsqu'on peut faire
autrement. Rappelons qu'entre 2007 et 2009 seulement, sur le territoire
de la Communauté métropolitaine de Montréal, la zone agricole a perdu
826 hectares, soit l'équivalent de 1530 terrains de football », a
ajouté M. André Bourassa, président de l'Ordre des architectes du
Québec.
Selon Vivre en Ville, regroupement québécois pour les développements
urbain, rural et villageois viable, il faut absolument cesser de voir
la zone verte comme un territoire en attente d'urbanisation. « Les
pressions d'urbanisation qui s'exercent sur la zone agricole
s'intensifient d'année en année. Ces pressions sont devenues telles
qu'elles justifient pleinement le renforcement de la LPTAA, comme le
souligne la nouvelle politique de souveraineté alimentaire québécoise
déposée récemment », a indiqué M. Alexandre Turgeon, président exécutif
de Vivre en Ville.
« Conserver les terres agricoles de la région de Montréal fait largement
consensus, comme en témoignent de nombreuses consultations ces
dernières années, ainsi que l'inclusion de ce principe fondamental dans
le PMAD de la CMM. Ne pas protéger la zone agricole, c'est condamner à
l'échec la création d'une éventuelle ceinture verte digne de ce nom »,
a indiqué M. Christian Simard, directeur général de Nature Québec. «
Nous continuons de défendre le principe selon lequel la zone agricole,
tout comme les boisés, les milieux humides et aquatiques, est une
partie intégrante de la ceinture verte que nous souhaitons voir
apparaître sur le territoire de la CMM. Le cas de Mirabel est un test
important de la crédibilité des engagements de la région », a continué
M. Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation
David Suzuki.
Soulignons que les organisations suivantes appuient la sortie
d'aujourd'hui : l'Association québécoise des spécialistes en sciences
du sol, la Centrale des syndicats du Québec, la Confédération des
syndicats nationaux, la Fédération de la relève agricole du Québec, La
Coop fédérée, l'Ordre des agronomes du Québec et le Regroupement
national des conseils régionaux de l'environnement.
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[1] Une personne peut, sans l'autorisation de la Commission, aliéner,
lotir et utiliser à une fin autre que l'agriculture un lot qui, après
la date à laquelle les dispositions de la présente loi visant à exiger
une autorisation de la commission lui ont été rendues applicables, est
ou devient adjacent à un chemin public où les services d'aqueduc et
d'égout sanitaire sont déjà autorisés par un règlement municipal adopté
avant cette date et approuvé conformément à la Loi.
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SOURCE : Union des producteurs agricoles
Renseignements :
Patrice Juneau, conseiller aux affaires publiques
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